Départ(s) est annoncé comme l’ultime livre de Julian Barnes, que je lis depuis quarante ans. Un livre hybride comme presque tous ceux de l’auteur en ce qu’il oscille entre essai, méditation, confession, mémoire — fût-elle involontaire comme chez Proust, récit d’une histoire d’amour, de maladie et de mort. Julian Barnes y mêle à sa façon douce-amère et à nulle autre pareille légèreté et gravité, fantaisie et nostalgie. Un des rares écrivains à ne m’avoir jamais déçue. Élégant.
Les bons voisins, fées et lutins, courent la lande. Celle de l’île écossaise de Bute a été le théâtre d’un triple meurtre. Shirley Craigie, son petit frère et leur mère ont été tués. John, le père, n’est-il pas le coupable parfait ? L’évidence n’est pas toujours la vérité, dit-on. Vingt ans plus tard, Cath, l’amie de Shirley, revient mener l’enquête. Un roman mi-polar, mi-surnaturel et quelque peu maladroit en ce qu’il peine à créer les tensions nécessaires à la dynamique du récit criminel.
Le calendrier de l’Avent littéraire propose de revenir sur une année de (re)lectures. 24 livres pour les 24 jours précédant Noël. Chaque jour, une case dévoilée.
Instant propice autant que fugace, Kairos est à jamais perdu pour celui ou celle qui n’a pas su s’en saisir. Pour Katharina, dix-neuf ans, et Hans, de trente-quatre ans son aîné, ce moment rare et miraculeux a eu lieu le 11 juillet 1986, dans Berlin-Est. Jenny Erpenbeck, par un jeu complexe de résonances entre l’intime et l’historique, raconte, dans un même mouvement, la fin d’une liaison et celle d’un pays. Kairos est un roman ambitieux, vertigineusement brutal, mais aussi douloureusement beau.
Guéorgui Gospodinov évoque la mort du père avec une simplicité et une tendresse qui forcent le respect alors même que le narrateur, s’aventurant aux limites du dicible, ne cache rien de ce que la maladie vole à la dignité. En associant son père au jardin, le narrateur le fond dans les confins tranquilles du paysage. Le père a beau n’être plus là, il n’a jamais été aussi présent. Une relation inédite dans laquelle père et fils sont séparés, mais à jamais inséparables. Inoubliable.
Nomen est omen. Les Prénoms de Florence Knapp est un roman sur la manière dont un prénom façonne la vie de celui qui le porte : un destin vers lequel tendre ou, à l’inverse, contre lequel lutter ? Si le postulat de départ est intéressant, il m’est hélas arrivé de m’y égarer et de m’y ennuyer. Il est dommage que la construction rigide à l’excès corsète et éteigne la force d’une histoire prometteuse, et que l’écriture sans relief amenuise la profondeur des sujets difficiles et courageux.
Un vieux jardinier se souvient des six étés que Madame Rosamaria et Monsieur Francesc ont passés dans leur propriété de la Costa Brava, s’éloignant quelque temps de la touffeur de Barcelone pour goûter la douce fraîcheur de leur jardin sur la mer. Cet éden trompeur, à l’harmonie faussement sensuelle, ne pourra contrarier la tragédie à venir. Ce roman, resté inexplicablement inédit en France, trace un chemin d’écriture très personnel. Une lecture lente et profonde, à l’équilibre parfait.
Je lis donc je suis est le traditionnel rendez-vous de fin d’année. Le jeu consiste à répondre à chaque question par le titre de livres lus (ou relus) en 2024.
Chaque mois de décembre est l’occasion de revenir sur une année de (re)lectures. 24 livres pour les 24 jours précédant Noël. Je vous invite à ouvrir quotidiennement une case jusqu’au 24 décembre.
Voici venu le dernier jour de l’année et le traditionnel portrait chinois Je lis donc je suis, qui consiste à répondre à chaque question par le titre de livres lus (ou relus) en 2023.