Le maelström de la rentrée littéraire d’automne oblige à faire des choix, certains subjectifs. La crainte que l’ombre proustienne ne fût trop écrasante m’avait fait écarter Retour à Balbec. Il n’en est heureusement rien. Voilà un roman de présences fantomatiques, un millefeuille de strates fictionnelles, qui s’élabore grâce à un jeu subtil de mises en abyme redoublées d’une cascade d’effets miroirs. L’ambiguïté est féconde dans ce roman dont, à mon grand regret, on parle bien trop peu.
Tout le roman d’Antoine Choplin est écrit en équilibre, posé à la lisière, entre îles et mer, drame et félicité, passé et présent, silence et parole qui enfin advient. Et une barque pour faire le lien et aider un père et sa fille à retrouver leur part manquante. Un roman superbement singulier, inoubliable dans ses dernières pages.
Un premier roman en forme de conte pour éveiller notre conscience écologique en nous faisant grâce d’un discours moralisateur. À travers le regard d’un enfant solitaire, frêle, pas très beau, pas vraiment comme les autres, Léna Paul-Le Garrec choisit une autre façon de dire l’urgence et de faire sens. Séduisant, tant dans la forme que le propos.
Aux amours : portrait de l’amoureux en aventurier des mots et du temps long. Une phrase s’étire sur une centaine de pages qu’il faut lire à voix haute pour connaître la joie d’exprimer toute la beauté de ce voyage intérieur qui parle d’amour autant que de solitude. Merveille !