Oubliée la Provence de Pagnol et de Giono ! Oubliés le bleu têtu du ciel lavé par le Mistral, le chant lancinant des cigales, les senteurs de la lavande et des figuiers, des herbes de la garrigue, le temple sombre et silencieux des oliviers, le murmure frais des fontaines et le tranchant des crêtes des Alpilles palpitant dans l’épaisseur de l’air chaud. Ce qui macère dans Les Vallées closes de Mickaël Brun-Arnaud est laid et gratuitement vulgaire. Vite de l’air frais ! Vite de la lumière !
Il y a dix ans, J. D. Salinger s’éteignait à Cornish, New Hampshire, où il s’était retiré dès 1953, à trente-quatre ans à peine, après le succès incroyable de son premier roman, L’Attrape-cœurs.
Avec ce roman, dont la dernière traduction française date de 1986, se pose la question de la modernisation d’un roman devenu culte qui pourtant fit un flop chez nous à sa sortie, avant d’être lu de tous près de dix ans plus tard.