Instant propice autant que fugace, Kairos est à jamais perdu pour celui ou celle qui n’a pas su s’en saisir. Pour Katharina, dix-neuf ans, et Hans, de trente-quatre ans son aîné, ce moment rare et miraculeux a eu lieu le 11 juillet 1986, dans Berlin-Est. Jenny Erpenbeck, par un jeu complexe de résonances entre l’intime et l’historique, raconte, dans un même mouvement, la fin d’une liaison et celle d’un pays. Kairos est un roman ambitieux, vertigineusement brutal, mais aussi douloureusement beau.