Carnet de lectures

Revenir fils, Christophe Perruchas, Le Rouergue
Carnet de lectures · 16 juin 2022
Revenir fils. Devenir fils ? Au mitan de sa vie, un homme revient voir sa mère après vingt ans d'absence. Perdu dans une maison-labyrinthe, une maison-forteresse, une maison-mémoire, est-il possible pour le narrateur de se frayer un chemin jusqu'au coeur de sa mère, d'éveiller cet amour maternel qui ne ressemble à aucun autre ? Un roman sur un sujet fort qui, à mon grand regret, a glissé sur moi.

Le Voyant d'Étampes, Abel Quentin, L'Observatoire
Carnet de lectures · 08 juin 2022
Après le remarqué Sœur en 2019, premier roman bien ancré dans notre paysage social actuel, Abel Quentin récidive avec Le Voyant d’Étampes qui a reçu, entre autres, le prix de Flore 2021. On suit les heurs (rares) et malheurs (nombreux) du désabusé Jean Roscoff dans un XXIe siècle qu’il ne comprend pas, qui ne le comprend pas. Abel Quentin égratigne les dérives de notre époque, d’une plume juste, féroce, réjouissante bien que trop bavarde.

Les Confluents, Anne-Lise Avril, Éditions Julliard
Carnet de lectures · 01 juin 2022
Dans ce premier roman, sans jamais condamner ni faire la leçon, Anne-Lise Avril dresse un constat simple, rehaussé d'images fortes pour exposer l'instabilité de notre place dans un monde qui a amorcé sa bascule pour le pire. Convaincue par le fond très documenté, agacée par la forme dans l'air du temps et tenue à distance par l'écriture trop appliquée. Une première rencontre en partie manquée.

Le Parfum des cendres, Marie Mangez, Finitude
Carnet de lectures · 25 mai 2022
Le Parfum des cendres est l’histoire d’une renaissance douloureuse à la faveur d’une rencontre, de deuils à faire, de fantôme à laisser partir, d’un passé dont l’odeur âcre a recouvert et annihilé toutes les autres, de goûts à réapprendre — celui de vivre n’étant pas le moindre. Un premier roman intrigant, plein d'humanité sur une profession méconnue et de fraîcheur sur la mort comme vous ne l’avez jamais sentie.

Une nuit après nous, Delphine Arbo Pariente, Gallimard
Carnet de lectures · 19 mai 2022
Une femme, deux hommes. Une nuit après nous, premier roman de Delphine Arbo Pariente paru l’été dernier aux éditions Gallimard, ne serait-il qu’une visite guidée de tous les lieux communs du triangle amoureux au moment de la crise de la quarantaine ? Pas du tout. C'est le récit de la lumière qui jaillit après avoir traversé la nuit des souvenirs douloureux de l'enfance. Un très beau premier roman sombre, magnifié par la grâce rédemptrice de l’écriture.

Aux amours, Loïc Demey, Buchet-Chastel
Carnet de lectures · 13 mai 2022
Aux amours : portrait de l’amoureux en aventurier des mots et du temps long. Une phrase s'étire sur une centaine de pages qu'il faut lire à voix haute pour connaître la joie d'exprimer toute la beauté de ce voyage intérieur qui parle d'amour autant que de solitude. Merveille !

Laissez-moi vous rejoindre, Amina Damerdji, Gallimard
Carnet de lectures · 10 mai 2022
Construit sur une double trame temporelle, les années 1951-1953 d’une part et juillet 1980 en ce jour de fête nationale d’autre part, Laissez-moi vous rejoindre, premier roman d’Amina Damerdji, est le récit intime, raconté par elle-même, d’Haydée Santamaría, compañera de la première heure des frères Castro, au moment du coup d’État par le général Fulgencio Batista. Ce roman retrace la trajectoire inédite d’une femme que l’histoire n’a que peu retenue. Convaincant.

La Fille que ma mère imaginait, Isabelle Boissard, Les Avrils
Carnet de lectures · 04 mai 2022
La Fille que ma mère imaginait est le premier roman d'Isabelle Boissard, paru aux Avrils il y a un an. Il prend la forme d'un journal intime, tenu deux-trois mois par Isabelle, fraîchement expatriée à Taipei avec son mari et ses deux filles. Le ton, volontiers caustique et cash, affiche la liberté qui manque à la narratrice, courant le risque de masquer parfois la profondeur du propos.

Felis Silvestris, Anouk Lejczyk, Les Éditions du Panseur
Carnet de lectures · 29 avril 2022
Felis Silvestris est le premier roman d'Anouk Lejczyk, paru aux épatantes Éditions du Panseur dont j'apprécie le travail et les choix éditoriaux. Un très beau texte sur l'amour qui lie deux soeurs, sur le manque que creuse l'absence, sur la difficulté de trouver sa place dans un monde qui parfois n'a ni queue ni tête. Quant au mirage d'une vie réussie sans renoncer à être soi...

Les Maisons vides, Laurine Thizy, Éditions de l'Olivier
Carnet de lectures · 21 avril 2022
Les maisons vides est un premier roman d’atmosphère, habile dans sa construction et sensible dans son écriture, qui se joue du lecteur contraint de jeter des ponts entre deux fils narratifs et deux époques. Laurine Thizy impressionne par sa maturité.

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