Jour bleu, Aurélia Ringard, Frison-Roche Belles-lettres
Carnet de lectures · 24 juillet 2022
Jour bleu, premier roman d’Aurélia Ringard, est de ceux dont le sujet tient en quelques mots : une femme et un homme se sont rencontrés brièvement avant de devoir se séparer et cette brassée d’heures passées ensemble sont de celles qui bouleversent une vie. En équilibre entre passé et présent, entre attente et élan, entre désir et inquiétude, un premier roman très beau et fascinant.

Furies, Julie Ruocco, Actes Sud
Carnet de lectures · 13 juillet 2022
Furies est un premier roman qui en moins de trois cents pages saisit par l’intelligence du regard et la justesse de l'écriture. Julie Ruocco y relate les convulsions de l'histoire, la guerre en Syrie au travers de personnages imparfaits donc superbement humains. Un roman dense, aux multiples rebondissements, porté par une écriture affûtée et poétique. De ceux qui font battre le coeur plus fort.

Debout dans l'eau, Zoé Derleyn, Le Rouergue
Carnet de lectures · 06 juillet 2022
Debout dans l’eau, premier roman de Zoé Derleyn, nous transporte le temps d’un été dans le Brabant flamand, ses ciels immenses, ses prairies vallonnées, ses vergers à perte de vue : paysage dont la paix n’est chahutée que par les seuls trilles des oiseaux. Une fillette de onze ans raconte les jours d'ennui qui s'étirent mollement au bord de l'étang, matrice primitive, et les liens que l'on se découvre soudain avec ceux qui bientôt ne seront plus là. Un roman lent, profond et très beau.

Aulus, Zoé Cosson, L'Arbalète Gallimard
Carnet de lectures · 01 juillet 2022
Aulus. Guère plus d’une centaine de pages pour autant d'habitants. Des phrases courtes avec des mots aussi lents que possible pour dire les rapports personnels et intérieurs que la narratrice a avec ce lieu depuis son enfance. Une écriture du minuscule, propice à la contemplation qui dilate le temps. Un très beau premier roman du grand air qui, avec bonheur, ne s'enferme dans le carcan d'aucun genre. Une réussite.

Les Enfants véritables, Thibault Bérard, Éditions de L'Observatoire
Carnet de lectures · 29 juin 2022
À la fin de Il est juste que les forts soient frappés, nous avions laissé Théo au bord d’une nouvelle vie avec Cléo rencontrée au moment où son épouse Sarah se mourait d’une récidive de son cancer. Y était esquissée avec délicatesse la difficulté de recomposer une famille qu’une tragédie venait de toucher au cœur. Thibault Bérard fait le choix d’écrire l’histoire d'après, celle de cette famille qui, pétrie de bons sentiments, reste à inventer.

Revenir fils, Christophe Perruchas, Le Rouergue
Carnet de lectures · 16 juin 2022
Revenir fils. Devenir fils ? Au mitan de sa vie, un homme revient voir sa mère après vingt ans d'absence. Perdu dans une maison-labyrinthe, une maison-forteresse, une maison-mémoire, est-il possible pour le narrateur de se frayer un chemin jusqu'au coeur de sa mère, d'éveiller cet amour maternel qui ne ressemble à aucun autre ? Un roman sur un sujet fort qui, à mon grand regret, a glissé sur moi.

Le Voyant d'Étampes, Abel Quentin, L'Observatoire
Carnet de lectures · 08 juin 2022
Après le remarqué Sœur en 2019, premier roman bien ancré dans notre paysage social actuel, Abel Quentin récidive avec Le Voyant d’Étampes qui a reçu, entre autres, le prix de Flore 2021. On suit les heurs (rares) et malheurs (nombreux) du désabusé Jean Roscoff dans un XXIe siècle qu’il ne comprend pas, qui ne le comprend pas. Abel Quentin égratigne les dérives de notre époque, d’une plume juste, féroce, réjouissante bien que trop bavarde.

Les Confluents, Anne-Lise Avril, Éditions Julliard
Carnet de lectures · 01 juin 2022
Dans ce premier roman, sans jamais condamner ni faire la leçon, Anne-Lise Avril dresse un constat simple, rehaussé d'images fortes pour exposer l'instabilité de notre place dans un monde qui a amorcé sa bascule pour le pire. Convaincue par le fond très documenté, agacée par la forme dans l'air du temps et tenue à distance par l'écriture trop appliquée. Une première rencontre en partie manquée.

Le Parfum des cendres, Marie Mangez, Finitude
Carnet de lectures · 25 mai 2022
Le Parfum des cendres est l’histoire d’une renaissance douloureuse à la faveur d’une rencontre, de deuils à faire, de fantôme à laisser partir, d’un passé dont l’odeur âcre a recouvert et annihilé toutes les autres, de goûts à réapprendre — celui de vivre n’étant pas le moindre. Un premier roman intrigant, plein d'humanité sur une profession méconnue et de fraîcheur sur la mort comme vous ne l’avez jamais sentie.

Une nuit après nous, Delphine Arbo Pariente, Gallimard
Carnet de lectures · 19 mai 2022
Une femme, deux hommes. Une nuit après nous, premier roman de Delphine Arbo Pariente paru l’été dernier aux éditions Gallimard, ne serait-il qu’une visite guidée de tous les lieux communs du triangle amoureux au moment de la crise de la quarantaine ? Pas du tout. C'est le récit de la lumière qui jaillit après avoir traversé la nuit des souvenirs douloureux de l'enfance. Un très beau premier roman sombre, magnifié par la grâce rédemptrice de l’écriture.

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