Une nuit après nous, Delphine Arbo Pariente, Gallimard
Carnet de lectures · 19 mai 2022
Une femme, deux hommes. Une nuit après nous, premier roman de Delphine Arbo Pariente paru l’été dernier aux éditions Gallimard, ne serait-il qu’une visite guidée de tous les lieux communs du triangle amoureux au moment de la crise de la quarantaine ? Pas du tout. C'est le récit de la lumière qui jaillit après avoir traversé la nuit des souvenirs douloureux de l'enfance. Un très beau premier roman sombre, magnifié par la grâce rédemptrice de l’écriture.

Aux amours, Loïc Demey, Buchet-Chastel
Carnet de lectures · 13 mai 2022
Aux amours : portrait de l’amoureux en aventurier des mots et du temps long. Une phrase s'étire sur une centaine de pages qu'il faut lire à voix haute pour connaître la joie d'exprimer toute la beauté de ce voyage intérieur qui parle d'amour autant que de solitude. Merveille !

Laissez-moi vous rejoindre, Amina Damerdji, Gallimard
Carnet de lectures · 10 mai 2022
Construit sur une double trame temporelle, les années 1951-1953 d’une part et juillet 1980 en ce jour de fête nationale d’autre part, Laissez-moi vous rejoindre, premier roman d’Amina Damerdji, est le récit intime, raconté par elle-même, d’Haydée Santamaría, compañera de la première heure des frères Castro, au moment du coup d’État par le général Fulgencio Batista. Ce roman retrace la trajectoire inédite d’une femme que l’histoire n’a que peu retenue. Convaincant.

La Fille que ma mère imaginait, Isabelle Boissard, Les Avrils
Carnet de lectures · 04 mai 2022
La Fille que ma mère imaginait est le premier roman d'Isabelle Boissard, paru aux Avrils il y a un an. Il prend la forme d'un journal intime, tenu deux-trois mois par Isabelle, fraîchement expatriée à Taipei avec son mari et ses deux filles. Le ton, volontiers caustique et cash, affiche la liberté qui manque à la narratrice, courant le risque de masquer parfois la profondeur du propos.

Felis Silvestris, Anouk Lejczyk, Les Éditions du Panseur
Carnet de lectures · 29 avril 2022
Felis Silvestris est le premier roman d'Anouk Lejczyk, paru aux épatantes Éditions du Panseur dont j'apprécie le travail et les choix éditoriaux. Un très beau texte sur l'amour qui lie deux soeurs, sur le manque que creuse l'absence, sur la difficulté de trouver sa place dans un monde qui parfois n'a ni queue ni tête. Quant au mirage d'une vie réussie sans renoncer à être soi...

Les Maisons vides, Laurine Thizy, Éditions de l'Olivier
Carnet de lectures · 21 avril 2022
Les maisons vides est un premier roman d’atmosphère, habile dans sa construction et sensible dans son écriture, qui se joue du lecteur contraint de jeter des ponts entre deux fils narratifs et deux époques. Laurine Thizy impressionne par sa maturité.

Faire corps, Charlotte Pons, Flammarion
Carnet de lectures · 15 avril 2022
Avec ce 2e roman après Parmi les miens qui traitait déjà d’un thème difficile, la fin de vie d’un parent, Charlotte Pons se saisit d’un sujet peu lu en littérature blanche, la gestation pour autrui, la mère étant ici à la fois donneuse et porteuse. Roman grave souvent, drôle parfois, Faire corps interroge et bouleverse. Une réussite.

Les Nuits bleues, Anne-Fleur Multon, Éditions de l'Observatoire
Carnet de lectures · 06 avril 2022
Le premier roman adulte d’Anne-Fleur Multon, Les Nuits bleues, raconte l'amour naissant entre deux femmes dans un monde à l'arrêt, celui du confinement au printemps 2020. Comment se découvrir et s'aimer à distance ? Une histoire convenue, noyée dans un magma d'effets narratifs qui m'ont agacée avant de finir par me lasser.

Les Envolés, Étienne Kern, Gallimard
Carnet de lectures · 02 avril 2022
Les Envolés, premier roman d'Étienne Kern, raconte l'histoire de Franz Reichelt dont la chute mortelle depuis le 1er étage de la tour Eiffel fut filmée le 4 février 1912 devant une foule de badauds incrédules. La construction en miroir entre passé et présent est l'occasion pour l'auteur de visiter ses propres envolés. L'écriture à mots choisis interroge l'attirance magnétique du vide et l'empreinte laissée par ces disparus volontaires ou non. Un épatant premier roman.

Ubasute, Isabel Gutierrez, La fosse aux ours
Carnet de lectures · 25 mars 2022
Avec Ubasute, Isabel Gutierrez nous fait le cadeau d'un premier roman d'une délicatesse inouïe sur la fin de vie que l'on choisit, sur la filiation, la transmission et les silences qui parfois sont plus loquaces que les mots. Une beauté aux excellentes éditions La fosse aux ours qui jamais ne déçoivent.

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