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L'art délicat de... écrire une lettre d'accompagnement à un éditeur

Ça y est ! Votre manuscrit a été relu, corrigé, amélioré, mis en forme, imprimé, relié. Vous êtes convaincu qu'il mérite la reconnaissance du public et vous êtes prêt à l'envoyer aux maisons d'édition. Vous voilà donc confronté à l'exercice délicat de la lettre d'accompagnement. Qu'elle soit le premier texte que l'éditeur lira de vous, et il faut bien le dire parfois le seul, est un rien angoissant.

 

Les quelques conseils qui suivent doivent vous permettre d'aborder l'obstacle avec d'autant plus de confiance et de sérénité que c'est une affaire de bon sens.

 

D'emblée, il vous faut opérer un choix : manuscrite ou pas ? Écrire de votre main cette lettre est une marque d’attention particulière à laquelle son destinataire sera sensible à la condition que votre écriture soit lisible. Vous êtes le seul à pouvoir vous relire ? Optez pour la lettre dactylographiée et bannissez les fioritures, les polices fantaisistes et la mise en pages compliquée. Certes, vous devez vous montrer original pour vous démarquer mais ne faites pas n’importe quoi.

 

Clarté, sobriété, concision sont vos meilleures alliées.

 

Votre lettre d’intention ne doit pas dépasser une page, une vingtaine de lignes suffit. Gardez à l’esprit qu’elle sera lue par quelqu’un dont le temps est compté, les maisons d’édition recevant plusieurs centaines de manuscrits chaque année. Est-il utile de préciser que votre lettre doit être soignée, sans fautes d’orthographe ou de grammaire ? Pourquoi prendre le risque d’être écarté avant même d’être lu ?

 

Un en-tête sobre fera apparaître clairement le destinataire (en haut, à gauche) et vous, l’expéditeur (en haut, à droite). Notez vos cordonnées complètes (nom, prénom, adresses postale et électronique, numéro de téléphone). Vous pouvez mentionner l’adresse de votre blog ou de votre site, mais il y a fort à parier que la personne n’aura pas le temps d’aller y jeter un œil. Indiquez en objet qu’il s’agit d’une soumission de manuscrit et donnez son titre.

 

Il est toujours préférable d’adresser votre courrier à l’attention d’une personne bien identifiée. Il n’est pas rare que, dans le monde de l’édition, les responsables de collection changent assez souvent. Néanmoins, trouver le bon contact n’est pas aussi difficile qu’il y paraît. Bien des fois, c’est aussi simple qu’un coup de fil.

 

Présentez votre sujet dans un petit paragraphe dont la première ligne est décisive. Vous avez lu, ici et là, que l’idéal est de le penser comme une quatrième de couverture dont le but est de donner au lecteur l’envie de se plonger dans votre manuscrit. Cela est vrai, mais n’en faites pas une réclame tapageuse. Osez afficher votre singularité d’auteur, ayez foi en vous, soyez sincère et humble, sans tomber dans la fausse modestie.

 

Ces trois ou quatre premières lignes doivent retenir l’attention de l’éditeur, l’inviter à aller plus loin. Pourquoi ne pas les écrire dans la veine de votre manuscrit ? L’atmosphère en sera donnée. Ne vous laissez pas aller à l’emploi de tournures trop guindées et maniez l’humour avec circonspection. Profitez-en pour glisser des informations concrètes (Quel type de roman ? Combien de mots ?), mais guère plus.

 

Cela étant posé, il est opportun de montrer ici que votre récit s’inscrit dans l’une des collections et aura un écho dans la ligne éditoriale de la maison d’édition. C’est la preuve que vous ne vous en remettez pas au hasard, que vous avez pris le temps de faire des recherches pour connaitre la maison. En revanche, abstenez-vous de préciser que votre livre plaira à tel ou tel lectorat. Les éditeurs sont des professionnels à même d'estimer le public potentiel.

 

Prenez le temps de vous présenter en quelques mots, dites qui vous êtes et, puisqu’on n’écrit jamais tout à fait par hasard, les raisons qui vous ont poussé à tenter l’aventure. Mentionnez ce qui, dans votre parcours ou votre personnalité, est susceptible d’intéresser l’éditeur. Bien sûr, si vous avez déjà été publié, n’hésitez pas à donner les références, indiquez les distinctions reçues. Mais inutile de plastronner, tenez-vous en à une modestie de bon aloi.

 

Au moment de clore votre lettre, pensez à remercier la personne pour son attention. Les formules de politesse habituelles suffisent.

 

Et maintenant, il ne vous reste plus qu’à attendre. Attendre. Attendre encore…

Les délais de réponse peuvent être longs. Très longs. Très, très longs…

La patience est mère de toutes les vertus, alors refrénez l’envie de harceler l’éditeur par mail ou téléphone. Croyez-moi, c’est contre-productif. La réponse viendra en son temps.


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